Ron l'infirmier : les étapes de passage du blog au livre (2)

Publié le par Mamazon

Voici la suite de l'article sur Ron l'infirmier les étapes dde passage du blog au livre (1),

Le blog est là http://ron.infirmier.free.fr/modules/news/ et son livre s'intitule : La chambre d'Albert Camus.


La dernière fois, nous avons vu : qui est Ron et de quoi cause son blog. Comme Ron a trouvé un éditeur (ou le contraire). Comment Ron a choisi son nom de plume et son titre d'ouvrage.  Quelles furent les réactions lorsque titre et couverture ont été dévoilés.

Dans ce nouvel article, penchons-nous sur les relations du livre avec la blogosphère (les lecteurs et commentateurs du blog) et avec le blog (censure dans le blog due à la publication?), et à 2 étapes de passage du blog au livre : la création du texte de dos du livre (4 de couv') et les corrections.

(ok, c'est un peu en vrac tout ça)


Quelles relations entre le livre et la blogosphère?

Question posée dans un commentaire :

Est-ce que tu parles de nous dedans, est-ce que tu parles du phénomène blog?

Réponse de Ron:

Rien de tout ça, c'est une sélection de billets d'ici, remaniés. Avec un inédit. Histoire de donner à un autre public ce qui a fait le plaisir quotidien de vous tous, ces deux dernières années.


Question dans un commentaire (septembre 2006) :

Faut que tu parles de nous sur la  '4 de couv' !.
Nan, sans blaguer, c'est l'écriture du blog qui t'a peut-être donné l'idée d'écrire un bookin ?


En Octobre 2006, c'est Ron qui constate, en découvrant sont texte de 4' de couverture modifié par son éditeur :

"Et ça ne parle pas du blog alors que j'aimais rappeller aux gens l'interactivité du livre avec ici. Bon bon bon...Ils savent ce qu'ils font."


Le blog restera-t-il ouvert après la publication du livre ?

Question posée dans un commentaire (Juin 2006) :

Est-ce que après la publication de ton livre tu fermeras ton blog? ou alors ton éditeur te demandera de le fermer?

 

Réponse de Ron :

Je n'en sais rien. Non, je ne pense pas. L'éditeur ne me demande rien (sauf de retirer les éventuels textes publiés, ce qui est normal) et c'est bien comme ça.

 


Remarque dans un autre commentaire (octobre 2006) :

Dis donc Ron, j'ai remarqué que les textes qui vont être édités sont coupés maintenant sur ton blog, bon piège , ça va aider à vendre!

Réponse de Ron :

Il paraît que non.
Piège, je n'aime pas le mot. J'ai juste beaucoup de mal à proposer gratuitement un truc que je vends par ailleurs. C'est très personnel.
Je sais que je n'ai pas téléchargé l'album de Madonna ou des PSB, j'attendais de l'acheter et de l'avoir pour de vrai. Mais ce n'est pas le cas de tous les artistes.


Etape de passage du blog au livre : le texte de la 4ème de couverture
(pour ceux qui prennent le coche en route : c'est ce qu'on lit quand on retourne le livre pour voir de quoi il parle)

Mais qui doit écrire ce texte au dos du livre ?

Octobre 2006 - billet sur la 4 de couv". L'éditrice lui demande à Ron de l'écrire, au moins un premier jet.

"plutôt court, incisif et vendeur"

S'ensuit à débat entre lecteurs du blog : qui c'est qui doit pondre la 4 de couv' normalement, l'auteur ou l'éditeur?

Un commentateur :

Normalement c'est l'éditeur qui doit l'écrire. ça donne un éclairage différent. Mais à chaque fois, c'est l'auteur qui finit par s'y coller. Pfff... feignasses !!!!

Ron :

J'ai pas du tout envie de rédiger un truc sur moi, ça fait faux cul à mort, je trouve.

Commentateur :

Ron, je travaille dans une maison d'édition et mon éditeur est formel : c'est à TON éditeur d'écrire la 4e de couverture. Et surtout pour un premier livre.

Une éditrice :

Ron, pour info, moi qui suis moi-même éditrice, je demande toujours à mes auteurs de rédiger leur 4 de couv... ce qui ne signifie pas que c'est ce que je publierai... bien au contraire.


Finalement ?
Ron pond
son propre 4ème de couverture. dans les bureaux de son éditeur, en 4 minutes, sous la menace, et l'éditeur le corrige et leraccourcit

Comme je le trouve excellent, je cède à l'envie de vous le reprendre ici dans son intégralité : version d'origine de Ron, version corrigée par l'éditeur (ajouts en couleur orange)

Vous êtes en train de lire une quatrième de couverture. Ça s’appelle comme ça, cherchez pas. Mon éditrice mes éditeurs, qui s’y connaît connaissent un peu en marketing du livre, elle m’a dit que, dans l’idéal, ça devait être un texte accrocheur, un peu putassier, genre aguicheur mais pas vulgaire, un texte qui vous donne envie de lire le livre et de payer les 16 euros demandés.

Alors, là, je m’y suis collé. Zéro idée.

Je pourrais vous dire, « Salut, je suis Ron, je suis infirmier, je parle de mes patients, de ma vie en blouse blanche, voilà. Oh, le truc qui s’annonce chiant, soporifique ! ». jamais Jamais vous n’achèteriez ça, non ? Un mec qui parle de son métier, on connaît tous ça tous les jours, au café, merci la détente.

Je pourrais vous dire, « Bonjour, je suis Ron, je suis infirmier et j’écris pour survivre car mon métier, c’est la souffrance et la plume de mon angoisse, elle frémit sur la page de mon livre cathartique». Quelle rigolade. Jamais vous ne liriez ça, non ? Remarque, Le le mec qui se la joue Auteur Maudit, remarque, ... il y a toujours un public pour ça, toujours. On est en France, la littérature, ça ne rigole pas. Oui, je pense qu’il y a un C'est un créneau. A creuser.


J’aurai aussi pu vous dire, Bonjour, je suis Ron, j’ai des histoires incroyables à vous raconter, même Mireille Dumas ne vous a jamais choqué comme ça à la télé, jamais. Du sexe, du vrai sexe, avec des vrais gens jeunes et beaux. Des morts aussi, de l’adrénaline, des secrets, des rapports humains, une incroyable aventure racontée de l’intérieur. Oui, je pourrais dire ça. Mais bon, ça a déjà été fait mille fois, non ? Et puis, là, vous voulez un bon livre, pas un roman de gare »

Alors je vous le dis simplement : vous tenez entre les mains un bout de ma vie et je crois que vous allez passer un bon moment. Lisez-le et puis on en reparle sur mon site internet, après. Tapez Ron dans votre moteur de recherche habituel.
Laissez moi vos impressions.
Vous allez voir, on a plein de choses à se dire, vous et moi.

Plein.


Discussion sur le contenu

Le texte modifié par l'éditeur finit par

"Alors je vous le dis simplement, vous tenez entre les mains un bout de ma vie."

Beaucoup de lecteurs du blog n'aiment pas.

 

Etape du passage du blog au livre : les corrections prennent-elles cinq minutes? Faut-il tout corriger?

C'est effectivement l'impression qu'on pourrait avoir au départ : les textes du blog sont travaillés, écrits comme un vrai texte par quelqu'un qui ne montre pas de déficience flagrante  en orthographe. Et pourtant :

Ron, en Novembre

Je pensais que passer du blog au livre prendrait cinq minutes, maxi, par texte. Ouais Ouais Ouais.

Merci aux correctrices : Vanina, Virginie, Marianne. Et merci moi, aussi, hein, un peu, je me suis tellement fadé et refadé tout ça que je le supporte plus en peinture, ce livre."


Un commentaire de lecteur :

Bref, nécessité non-négociable d'avoir des relecteurs et de ne pas toucher au texte pendant une petite période avant de le rouvrir. Plus facile à dire qu'à faire, ceci dit.

Un autre lecteur :

Je suis bien sûr désolée pour toi mais quelque part je suis contente, ça confirme ce que je pensais, que le passage d'un support à un autre n'était pas si évident pour que ça se tienne dans un support comme dans l'autre...


Et une interrogation qui revient aussi : :

Et le fait de tout rendre impeccable, lisse, ne va pas rendre le texte trop impersonnel?
Je ne parle pas des fautes mais des tournures de phrases.

Ben moi je dis que tu devrait rien changer ton blog il est spontané et c'est pour ça que l'éditeur il a flashé ! A vouloir trop bien faire, on se mets une carotte dans le cul.


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