Ron l'infirmier : étapes de passage du blog au livre (1)

Publié le par Mamazon

Passage d'un blog à un livre, première partie : présentatin du blog, comment Ron a trouvé un éditeur, comment se sont effectués les choix des titres, nom d'auteur et de la couverture (première de couv', comme on dit).

Le blog de Ron l'infirmier
Existe depuis Août 2004. A vue de nez, 1200 notes, ce qui ferait une moyenne de 2 par jour. Pas mal de dizaines de commentaires sur ses notes les plus lues. Un article de buzz.litteraire indique que le blog serait visité par 5000 visiteurs par jour en moyenne.

De quoi parle le blog
D'après l'article de buzz.littéraire :

Entre moments de pure humanité, de tensions, odeurs nauséabondes, émoi sexuel et anecdotes désopilantes sur les patient(e)s hauts en couleur de l'infirmier le plus populaire du web ! Un nouveau Martin Winckler ?

Ce que je vois, moi, ce sont des articles sur des sujets variés : le quotidien, le cinéma, des histoire d'hôpital. C'est de l'écriture, il y a donc à lire - ce que je n'arrive pas à faire sur écran.

Ron lui-même

Les sources webesque le font naître en 1973. Je n'ai pas lu assez du blog pour comprendre où il vit, comment il vit, où il travaille, ce qu'il pense, ce qu'il dit. J'ai quand même compris ... qu'il est infirmier.


Comment Ron a-t-il trouvé un éditeur?

Ce sont les éditeurs qui l'ont trouvé. Il semble y avoir eu deux périodes.

Première période

Dans cet article écrit en mars 2005, Ron fait état d'une rencontre avec une éditrice. Et répond à un commentaire :

"C'est en fait la troisième proposition pour un passage à l'écrit, et il fallait bien dire oui à un moment."

C'est à ce moment qu'il se cherche un nom de plume, un titre, et nous livre le début de sa "lettre de motivation" pour l'éditrice

Je n'ai pas bien compris ce qui s'est passé ensuite. Au fil de quelques passages, je lis (juin 2006):

"[...]  j'avais laissé tomber le projet « livre » après quelques entrevues foirées avec des éditeurs ne voulant vendre qu'un produit. C'est de ma vie dont on cause, ce sont mes patients dont je parle."

Et quelques jours après, il annonce:

"Suite au commentaire laissé par l'éditeur GB dimanche matin, dans le billet sur le ciné, me voilà parti pour poser quelques textes cet après-midi sur son bureau."



Deuxième épisode
Juin 2006, ça a l'air d'être le départ de l'aventure avec un nouvel éditeur. Nous suivons, ensuite, la progression du travail.


Pour faire un livre, il faut aussi un titre et un nom d'auteur

Mars 2005 -  
Ron réfléchit déjà car il a des contacts avec des éditeurs.

"Je n'ai pas envie de l'appeler « Les mémoires d'un infirmier », je trouve ça un peu sentencieux pour un livre, je veux dire, vous achèteriez un livre avec ce titre, vous ?"


"Je veux garder Ron, pour avoir la connexion avec le blog, qui reste mon lien privilégié et quotidien avec mes amis, ma famille, vous".


Pour le nom d'auteur, voilà ses souhaits :

" je veux pouvoir coller un bon vieux prénom français sur la couv'."
" je n'ai pas envie de mettre le mien pour des histoires de secret médical".



Quelques jours plus tard, sur un autre billet, il annonce Benoît Mestrier. C'est un nom de plus qu'il s'était choisi avec des amis dans une cuisine, 10 ans auparavant, alors qu'on lui suggérait déjà d'écrire un livre avec ses histoires d'infirmier.

Les commentateurs du blog de Ron débattent. Il y a ceux qui aiment le prénom, ceux qui le trouvent ringard, et puis : faut-il prononcer le S? Métrier ou Mêssstrier?

Juin 2006
A l'époque du nouvel éditeur, la question du titre et du nom d'auteur revient sur une note (85 commentaires). Les lecteurs rivalisent de propositions. Dans un commentaire, Ron annonce qu'il a trouvé, mais n'en dit pas plus.

Finalement, il semble que c'est son éditeur qui a choisi le titre qui, heureusement, plaît à Ron.  Il raconte :

"Détail amusant, ils ont trouvé le titre sur un billet que je n'ai pas encore écrit mais que j'avais raconté oralement. Ce qui me colle une bonne et saine pression désormais."


Plus tard, il partage un amusant démenti sur cette "saine pression"

"Saine pression mon cul ! J'ai mis trois mois à pouvoir le finir, ce putain de texte [...] En plus, ça inaugure le livre, ça donne son nom au livre, ça doit donner envie au lecteur de lire la suite, ça doit marquer le critique qui ne dépasse jamais les premières pages et j'en passe, et des meilleures."


Et un livre doit avoir une couverture

Tout ce qu'on sait sur ce sujet est dans cette note  (septembre)

"Mon éditeur [...] il choisit les couvertures, aussi. Pour mon livre, il a pris deux archéologues qui trouvent une stalagmite dans une montagne de Croatie et qui plantent dessus un fromage corse.
Il s'est retourné vers moi et il a fait :
- Alors ?? ALORS ?? C'EST PAS UNE PUTAIN DE COUVERTURE COMME TU REVAIS D'EN AVOIR UNE, MA COUILLE ?"

Quelles autres essais, réflexsions et  discussions ont permis d'arriver au résultat final? Je n'en ai pas trouvé de trace. A noter qu'un lecteur a mis une proposition dans les commentaires (mais ni le thème, ni le style de cette proposition ne se retrouvent dans le choix de l'éditeur).


Septembre 2006 - Le titre et la couverture sont dévoilés sur le blog

L'article du blog récolte 67 commentaires. Les réactions mitigées :
- L'infirmière sur la couverture fait peur, les lecteurs préfèrent celle en photo en haut du blog,
- le titre est encore incompréhensible pour les lecteurs du blog.

Le nom d'auteur, c'est Ron l'infirmier.


Date de sortie est annoncée elle aussi : 7 décembre 2006.  Prix : 18 euro. En pré-vente sur Amazon.fr.
Nombre d'exemplaires prévus, si j'ai bien compris : 7000.

Commenter cet article